#6248

Tout en travaillant (lire, écrire) en tâche de fond sur un « grand projet », j’avance à pas rapides sur le dixième roman du cycle Bodichiev (Éditions Koikalit). Ayant dépassé les 200 000 signes je sais maintenant où je vais, la logique interne ayant fait son œuvre. J’écris généralement en scripturant (comment disent les jeunes maintenant ? En « jardinier »), c’est-à-dire sans plan préalable, seulement quelques idées en tête et une envie, cette fois, après l’apocalypse et les explosions du précédent tome, plus de calme. Juste avant que Bodichiev « tombe en retraite » comme on dit en Touraine, avec quelques aperçus de la vie de certains de mes personnages secondaires – et pas de morts, sauf une sans doute, d’un des protagonistes historiques du cycle. Écriture sans pression, de pur plaisir, avant de revenir à un roman de fantasy laissé mijoter à feu doux (52 000 signes) et dont les idées poussent lentement.

6246

Au dehors, l’hiver semble être enfin arrivé et les feuilles, saisies de froid et de surprise, chutent en averse – en attendant la vraie pluie demain. Au dedans, relecture complète de ce que j’ai écrit de mon prochain roman, dans les 200 000 signes pour le moment. Retouches, ajouts de phrases et de chapitres, resserrages de boulons, remise en cohérence. La vie lente.

#6137

Le poète beat Lawrence Ferlinghetti nommait cela un « fish-sky at morning », et vraiment on a bien un ciel de poisson plein d’écailles : après pluie et tempête, le calme revenu, c’est ciel bas et gris ce matin, vaguement fumeux, un peu nervuré de lumière, mais le plaisir de marcher quand même dans les rues avoisinantes, pour songer à Bodichiev et son univers, son voyage à New York (car que serait un Bodichiev sans un peu de voyage ?) et les enquêtes sur des fantômes.

#6135

Mon éditeur habituel voudrait que je lui écrives encore un autre roman de Bodichiev, un dixième volume. Je crois bien qu’il a gagné.
« Un souffle passa dans les arbres comme des doigts qui ébouriffent une chevelure. Un vent acide et sans direction qui dispersait le voile bleuté des nuages bas. Levant les yeux vers le ciel crépusculaire et le halo jaune d’un réverbère, le détective ne put s’empêcher de se demander si l’heure un peu tardive de son rendez-vous ne cachait pas une intention dramatique. Quoi de plus adéquat à la visite d’une maison prétendument hantée que l’heure entre chien et loup où montent les ombres et baisse la lumière ?
« La police chasse les contrevenants et le détective chasse les revenants », murmura Mowgli avec un petit sourire. Il leva de nouveau le nez vers la façade à colombages de cette demeure, un faciès architectural sévère mais rosit par la lumière de la rue, et appuya de nouveau sur la sonnette. »