Trois jours à Toulouse. Juste le temps de retrouver quelques repères dans la ville rose, d’assister à un nouveau formidable concert de marillion, d’avoir quelques longues conversations avec de vieux amis, de paresser dans le parfum des fleurs au pied de la tour du Capitole, de siroter un thé au bord de la Garonne. Chaleureux séjour, pour le moins.
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#603
N’empêche que cette année je ne vais pas aller à Londres. Pour quelqu’un qui est malade de cette ville et y allait trois fois par an ces dernières années, c’est le chagrin. Et en plus, jusqu’en septembre s’expose à la Tate Modern une fabuleuse rétrospective sur Hopper, flûte de zut. Frustration.
Alors j’écris sur Londres, je m’évade en brodant des promenades pour mes personnages. La chaleur s’étant éloignée, le temps est pour le moment idéal pour l’écriture créative, je trouve. J’ai mis au propre mes journaux, aussi. En cédant à la tentation de couper ici et là, lorsque je trouvais que des sentiments dépassaient un peu trop des mots.
J’ai deux romans en lecture, actuellement. Légère angoisse. Faudrait que je me remette à bosser sur deux autres, abandonnés il y a une éternité ou deux. J’ai terminé (pour le moment) de bosser sur le Panorama illustré de la fantasy & du merveilleux. Les épreuves à corriger sont toutes en voie de transit postal vers les correcteurs et les auteurs, ainsi que vers quatre journalistes qui les avaient demandées. Croisons les doigts. Et espérons qu’il y aura des souscriptions en nombre sympathique. Non pas que je compte dessus, mais ce serait une aide intéressante. 31 euros au lieu de 39, et avec le port compris. A vot’ bon coeur. 😉
Rien à voir: une info intrigante relayée par Neil Gaiman. Légende semi-urbaine?
#602
Synesthésie: chaque fois, un tel grand vent, ce ciel bleu et blanc, le fond de l’air presque frais… Par ces jours de juin j’ai des impressions de plage. Souvenirs de Bretagne et de côte basque, envie de sable, de pins et d’embruns. Lyon a ce défaut: la mer en est trop loin et l’océan s’en trouve plus éloigné encore.
#601
Un peu de neuf: mon site perso vient de prendre un nouvel aspect & quelques nouvelles couleurs, avec en prime une page bien belle spécifiquement dédiée à Yellow Submarine, mon livre-revue quandonpeutannuel.
Pour les carnets de voyage, nous parvenons désormais à la fin 2002, avec l’amusant doublé des journaux 22 (une détente à Londres sous le signe de Monet) & 22 bis (le même séjour vu par la plume et sous le regard de mon coloc). Grand merci à mon précieux maistre-toile, Gizmo.
En prime aussi, quelques retouches sur le site (provisoire) de ma maison d’édition, les moutons électriques.
#600
Lu encore: A Scholar of Magics de Caroline Stevermer.
Juste paru, il s’agit d’une sorte de suite à l’un des romans que j’ai préféré ces dernières années, à savoir A College of Magics (fiche de lecture dans ma Cartographie du merveilleux chez Folio-SF, en vente dans toutes les bonnes librairies!). Situé quelques années pls tard, nous y retrouvons cette Europe de la fin du XIXe siècle, subtilement décalée par l’existence avérée de la magie. Cette fois, le principal de l’intrigue se déroule, non plus en Europe & dans le collège normand d’apprentissage de la magie pour les jeunes filles, mais au Royaume-Uni et au sein de la triple université de Glasscastle, une sorte d’Oxford de la magie, réservé aux garçons.
Jane, qui dans le premier roman était étudiante à Greenlaw, est maintenant devenue professeur de mathématiques dans ce même collège, mais débarque à Glasscastle dont son frère Robert est l’un des augustes enseignants-chercheurs. Si la but de sa visite est ouvertement de voir sa famille et de visiter la fameuse université anglaise, en fait Jane a pour mission de prendre enfin contact avec le proefsseur Fell, un érudit local quis e trouve devoir devenir le nouveau Warden of the West — la protégée de Jane, la jeune duchesse Faris, étant devenue pour sa part la Warden of the North à la fin de A College of Magics. Mais Fell refuse avec obstination de céder à la pression — certes il devra un jour ou l’autre accepter le manteau de Warden, mais il a précédemment reçu un message mental mystérieux, lui ordonnant de se préoccuper des horloges… Qui lui a donné une telle mission, et dans quel but? Il sera répondu à la seconde question, mais finalement pas à la première — encore que l’apparition non moins mystérieuse de deux cartes aux armes de l’ancien créateur de Glasscastle, le grand professeur Upton, puisse donner une piste. Pour le reste, ce roman est une réjouissante course-poursuite contre des hommes en chapeau melon, un professeur mégalo, une arme de destruction massive et divers complots universitaro-gouvernementaux. Avec au centre de toutes ces intrigues, un cow-boy américain, embauché pour ses prouesses au tir mais littéralement fasciné par le monde studieux de l’université. Voiture automobile, chants d’église, tasses de thé, vieux bouquins, parcs immenses, anciennes légendes, vieux profs confits de prétentions, préjugés sexistes, humains transformés en animaux, labyrinthe ensorcelé & cachots enchantés: ce n’est que du bonheur.
Comme d’habitude chez Stervermer, l’humour est léger, les charmes raffinés, les touches historiques précises & désuètes. de mon point de vue, peut-être plus encore que la « fantasy urbaine » dont je parle si souvent, c’est cette fantasy-là qui est la plus puissante, la plus captivante, la plus attractive. J’ai retrouvé dans ce roman à la fois la fascination du dyptique de James Stoddard sur la High House, les préciosités ludiques de ce que fait Stevermer avec Wrede (& dont une autre suite ne va pas tarder, chic alors) & la veine « fantasy des manières » d’Ellen Kushner & Delia Sherman. En bref: tout ce que je préfère.