#3056

Enhardi par son expédition matutinale, notre vaillant explorateur décida de partir dans la brousse de droite, au-delà de la mare. Immenses prairies où les seules empreintes sont les nids d’herbe des chevreuils, je m’enfonce dans la végétation, croisant ici un parterre de lotier dans une échancrure de haies, là un semis de pâquerettes sous un noisetier solitaire. De découvrir une cahute en pierre qu’abrite un cerisier, il faudra que j’y revienne, et non loin dans un creux une grosse touffe d’iris. Je m’approche d’une haie d’arbres, encore des noisetiers, lorsqu’un animal rauque soudain : ougr ! Ougr ! Oh enfigueille, une biche bondit et file, la pauvre n’a pas l’habitude qu’un humain trouble ces lieux.

#3054

Au mépris de mon rhume des foins et par curiosité pour mon environnement du week-end, j’ai effectué un petit tour des prairies, en commençant par celle du bas et en tournant autour du domaine. Pour mon œil citadin, le spectacle pourtant ordinaire d’un pré au matin prend l’aspect d’une audacieuse expédition botanique : trois ou quatre graminées différentes, dont les hautes hampes de la dactyle, les flocons brumeux et rosés de l’avoine… et puis çà et là cette flore gracile : le mauve du trèfle et des centaurées, les minuscules bouquets blancs des oenantes, le jaune des renoncules, celui du lotier ou des séneçons, un peu de menthe blanche. Des océans d’herbes caressées par le jour, et plus loin, chez le voisin, le cataclysme du dernier orage qui a brisé deux vieux chênes, jonchant le bord de la prairie de branchages tordus et gris de lichen.

#3055

« Poc ». Toutes les cinq ou dix minutes, un léger heurt métallique : une merlette se pose sur la gouttière, se penche sous l’arrondît d’une tuile faîtière et, ses pitances déposées, repart d’un froissement d’ailés brunies dans l’éclat solaire.