Triste nouvelle ce matin : le fan marseillais Daniel Le Mercier serait décédé en avril dernier. Il y avait bien longtemps que je n’avais plus de ses nouvelles, depuis 2014 je crois, mais fut une époque où ç’avait été un chouette camarade de conventions, et j’avais été chez lui une fois, dans un appartement marseillais meublé comme un épisode de Maigret. Que dire ? Comme vient de me le dire un ami commun, « c’est vraiment un chouette gars qui nous a quitté trop tôt. » Je pense aussi à son fils Pascal, que j’ai connu grand ado.
Archives de l’auteur : A.-F. Ruaud
#2994
J’avais vendu à mes camarades des Saisons de l’étrange le principe d’une trilogie de volumes consacrés à mon détective privé, Bodichiev, et ils les ont concrétisés, je leur en suis infiniment reconnaissant — le troisième, le roman Menace sur l’Empire, est paru il n’y a pas longtemps. Allez voir leur financement en cours, d’ailleurs (« La foire de l’étrange » sur le site Ulule), c’est plein de lots très alléchants et leur but est rendu plus aisé à atteindre grâce à un récent mécène, les textes sont excellents et ça vaut donc grave le coup de les soutenir — mais bref, il s’est avéré que mon goût pour Bodichiev se trouvant réveillé, j’avais envie de poursuivre au long cours, j’ai déjà deux volumes d’avance… et la chance qu’un autre petit éditeur vient de me proposer d’assurer cette suite. Entre Christian Robin cet éditeur, Michel Pagel qui me relit, Mérédith Debaque qui continuera à être mon directeur littéraire et Melchior Ascaride aux couvertures, j’estime avoir une veine inouïe. Je termine donc une deuxième lecture du prochain roman, Les Trois cœurs, qui devrait sortir en novembre chez Koikalit, je fini une nouvelle à Oxford — et hier soir ai pris pas mal de notes pour une autre, où je vais me « risquer » pour une fois à créer des décors que je n’ai pas visités. J’avais déjà fait cela dans une nouvelle située au sein du même univers, pour une anthologie qui doit sortir en début d’année prochaine, et le hasard de lectures concomitantes sur Raguse (Dubrovnik) m’inspire pour tenter cette autre escapade.
#2993
Sept ans et toujours pas blasé. Le rythme blond des façades des quais dans la lumière jeune. L’éblouissement du soleil à la traversée du pont. Le tramway filant sur la longue avenue bleuie de jour, où les arbres lèvent encore les poings tordus de leurs branches dénudées. Un parcours déjà familier en bord de rocade, arriver dans le triomphe des cloches puis c’est les explorations du samedi, le « fil vert » de coteau en coteau, la neige des pétales de pruniers serrés en rangs de robes blanches, la banlieue en fleurs sous les vols de grues et en croisant les pies.
#2992
Matin froid, marbre blanc, retable des Bernin et tableau de Philippe de Champaigne, les obscurités de nos vies, le cierge pascal, de l’orgue, une crosse, deux mitres et des chasubles mauves, l’encens… Depuis que je suis à Bordeaux c’est la deuxième fois je me rends à une messe, orthodoxe la fois précédente, bien catholique cette fois.

#2991
Deuxième nuit à mal dormir, les yeux plein de sable le matin, à mâcher des bâillements, et des charpies de songes encore en tête, Ayerdhal dans une convention, Mérédith avec un bandeau sur un œil, Michel Pagel qui passait, Melchior et Nathanaëlle dans la bibliothèque de mon grand-père… Plus de monde sans doute que je n’en croise dans le réel en ces années pandémiques…