#2579

Londres, j’ai tout le temps envie d’y être, je lis du Londres en permanence, je pense à Londres en continu. Il n’y a pas d’autre ville étrangère qui m’ait fait ça. J’ai aimé Florence, Venise, Bruxelles, Édimbourg, Lisbonne, New York… Mais ponctuellement, raisonnablement (curieusement, Vienne et Barcelone ne m’ont guère parlé). Non, à dire vrai une seule autre cité d’ailleurs m’a marqué : San Francisco. À laquelle je ne pense que de temps en temps, mais assez vivement, une envie de San Francisco qui est une forme de nostalgie, de regret de n’y être jamais retourné. J’y avais passé, quoi ? Trois semaines ? Il y a bien longtemps, m’y étais laissé vivre, avais adoré cette ville, avais conçu un véritable attachement. Et parfois, me perce ce sentiment, ce besoin d’y retourner. Dans mon recueil de nouvelles, Le Garçon doré (chez La Clef d’Argent), je crois que mon meilleur récit est celui qui se déroule à San Francisco. Il m’arrive d’avoir des images, des sons, des souvenirs de San Francisco qui me reviennent, enchantés, vifs. La brume qui voilait le ciel, la brise marine, les buildings de Downtown, les alignements de demeures Art-déco et de painted ladies aux façades bariolées, les guirlandes de capucines, le bleu ouaté de l’océan, les longues silhouettes des eucalyptus.

#2578

Bien plus que des trouvailles à dire vrai assez maigres, si je vais presque chaque dimanche à la brocante de Saint Michel c’est pour son ambiance, sa beauté bordélique, tout ce réjouissant foutoir déversé au pied de la flèche gothique, d’où naissent tant de visions incongrues – cette sculpture en bois qui arrondit les bras sur fond de ciel noir, ce matin, ou bien cette vareuse de marin accrochée à un perroquet comme une métaphore de pirate, ou cet immense tableau multicolore représentant Elizabeth première adossé aux grilles sombres de la basilique. So weird, so random.

#2577

Non seulement je ne dors pas bien, par ces nuits un peu lourdes et moites, mais ça réveille mon foutu juke-box, ces morceaux qui vous tournent en boucle dans la tête… L’autre nuit c’était, horreur, une imbécilité de U2. Cette nuit, c’était bien mieux, à savoir le « Fourth of July » de Joni Mitchell. Il faut dire que, si je méprise vivement les bramantes non composées de U2, en revanche j’écoute et idolâtre Joni depuis une trentaine d’années — depuis que mon excellent camarade Bruno m’en a fait découvrir les charmes musicaux lors de nos années estudiantines et bordelaises. Et en ce moment, je suis de nouveau retombé grave dans des écoutes de Joni. Bon, j’ai fait l’erreur de remettre les oreilles sur l’atroce Wild Things Run Fast, bête et vulgaire à pleurer (j’ai une théorie comme quoi au début des années 1980 notre planète est passé dans une singularité qui en a arraché tout goût et bon sens créatif), mais sinon je me délecte comme toujours — au moment d’écrire ces lignes tourne le live Miles of Aisles sur la platine.

#2576

Allez, je crois qu’il s’agit d’un record personnel : le livre que je lis depuis hier soir est paru en 1987… et je l’ai acheté cette année là… Ce livre restait donc sur mes étagères depuis 30 ans, pile, non lu. Ouch. C’est curieux, je ne sais pas pourquoi mais tout en ayant régulièrement envie de le lire — ce n’est pas un livre juste oublié dans un coin —, je n’y suis jamais venu jusqu’à présent… Pas un roman : un essai, que mon excellent camarade Patrick m’avait conseillé à l’époque : Of Mice and Magic de Leonard Maltin, sur l’histoire du dessin animé étasunien. Passionnant en effet, le sujet m’enchante.

#2575

Pendant quelques mois, j’ai sué sur trois biographies d’artistes. Ce fut sans doute l’un de mes travaux d’écriture les plus difficiles à mener à bien. Ce mois-ci et le mois prochain, ces trois « artbooks féeriques » sortent en librairie, avec un quatrième, non moins beau, dirigé par mon excellente camarade Christine. Le tout grâce à et sous le regard acéré de mon excellent camarade Poa. Ce fut une sacrée aventure, pas facile du tout, et j’ai fait un petit papier pour l’évoquer