#2594

Curieux sont les artefacts de la mémoire. En particulier, ces souvenirs vivaces de l’enfance qui, longtemps ignorés peuvent soudain ressurgir, si nets et si troublants. Un jour, chez un copain lyonnais, de découvrir dans sa bibliothèque un simple petit album pour la jeunesse, un « Petit livre d’argent », et ma mémoire s’ouvrit d’un coup : peut-être bien mon plus vieux souvenir, celui de la lecture de cet album. Je me revis tout petit à Saint-Brévin, assis par terre, regardant cet album. Chaque image m’en était bien connue, étonnamment familière, alors que je ne l’avais plus lu depuis cette lointaine fin des années soixante. Le rouge des camions de pompiers, chaque scène, gravées dans mes impressions intimes. Ah, et j’avais bon goût dite donc, c’est du Tibor Gergely !

De même le week-end dernier évoquais-je avec mon excellent camarade Pagel une émission télé sur les animaux, dont je ne retrouvais plus le titre. Il chercha dans de vieux Télé 7 Jours en ligne (!) et un tour sur YouTube exhuma le générique de ces « Animaux du monde » de François et Marlyse de la Grange, dont tout deux connaissions par cœur musique et animation, au point que Michel me dit avoir parfois cet air en tête sans s’en rappeler jusqu’à présent la provenance.

Et ce Mickey Parade trouvé cette semaine en boîte à livre ? En voyant la couverture, je sus immédiatement que primo je ne l’avais pas dans ma collection (alors que je m’approche tranquillement de l’intégrale), secundo je l’avais lu étant môme, tertio je me souvenais fort bien de l’histoire avec la civilisation de pingouins intelligents, qui m’avait alors marqué — et qu’il s’agissait forcément d’un Romano Scarpa, vu ce que je me souvenais du dessin. Et bingo, tout bon.

#2593

Rentrant ce soir d’un chouette petit concert (du groupe où joue mon excellent camarade Laurent Queyssi) j’ai loupé le bus que j’espérais prendre et, remontant à pied, ai entendu dans le ciel nocturne passer les trompettes d’un vol de grues. Depuis quatre ans que je vis dans cette douceur d’Atlantique, je suis toujours surpris (agréablement) par de tels aspects encore un peu… exotiques, pour moi.

#2592

Je suis dans les dernières pages de ma relecture des « Toto Fouinard » de Jules Lermina, une série policière que m’a préparée mon excellent camarade JDB et qui aura droit à une ovine publication à tirage limité l’an prochain. C’est vraiment délicieux, passionnant et d’une parfaite qualité, un petit chef-d’œuvre du roman policier français très injustement oublié — mais le polar français ne se soucie que de « noir » et tant qu’il ne sera que cette triste littérature pour et par vieux mecs blancs à cheveux gris, qui repeignent juste le beigeasse en des teintes plus sombres… Moi ce que j’aime c’est le roman gris à la Simenon et le roman policier, qui était vert selon Penguin et serait jaune selon les Italiens… Enfin bref, « Toto Fouinard » c’est vraiment le pied, quoi. Un grand bonheur de lecture. Je regrette d’avoir fini (enfin, faut maintenant trouver les deux épisodes qui manquent encore). Et me suis bien amusé en sus du vocabulaire de l’auteur, d’un autre temps — je suis tombé à l’instant sur un « j’ai l’œil américain », expression disparue de nos jours mais que l’on trouvait encore même chez Claude Aveline dans les années 1950.

#2591

Grosse insomnie cette nuit et c’est le fan-boy qui s’est éveillé en moi : j’ai regardé le onzième et dernier épisode de la fan-série Star Trek Continues. Une belle fin pour la mission de cinq ans, écrite par l’auteur de SF Robert J. Sawyer, mais je vais regretter ce phénomène des Star Trek parallèles, tué par CBS hélas et dont les Continues représentaient vraiment le meilleur.

#2590

J’ai lu un article disant que les cultures du café et du chocolat sont mises en danger par le changement climatique. Bon, mais alors on va bientôt pouvoir faire pousser du thé jusqu’en Écosse, non ?