Dans les rues bordelaises, le jasmin a gagné la guerre du parfum printanier contre le chèvrefeuille — ce dernier s’est fait plus discret depuis l’an passé et les flots d’étoiles blanches infusent comme jamais nos artères de leur saveur verte et douce.
Archives de l’auteur : A.-F. Ruaud
#6118
#6117
Quelques oiseaux passèrent dans le coin de ciel abricot, cette échancrure du paysage visible depuis le vasistas. Des nuages s’élevèrent un moment en une brûlante forme angélique aux ailes déployées, à moins que ce ne fut un djinn dansant, avant que le crépuscule bleuté n’en éteigne les flammes. Les braises de ce coucher brasillèrent encore quelques minutes, s’abaissèrent derrière la crête des toitures en un trait de lumière citron, vers la paille, vers le blanc, vers le gris, et ce fut la nuit.
#6116
C’est grave docteur ? Me suis réveillé vers 4h du matin afin de prendre note d’un dialogue pour mon roman en cours – et je pense que c’est une excellente chose : atteindre une sorte de tranquille état d’obsession est le meilleur moyen de s’engager vraiment dans l’écriture. J’ai aussi trouvé le titre, hier. Et commençant l’autre jour la lecture d’un essai sur le poète Philippe Jaccottet, je l’ai reposé après deux chapitres tant les idées se bousculaient, qu’il me faudra exploiter seulement lorsque je serais en phase intensive de rédaction – pour le moment je n’en suis qu’au stade des fragments et des atmosphères. Cette étape où tout tourne en tâche de fond, où s’agglomèrent presque naturellement les inspirations et se dessine peu à peu une intrigue plus globale, où également tout s’y ajoute, tout parait aller dans le sens de ce roman naissant.
#6115
Silence sur ce blog ? Jours de lassitude, apprendre la lenteur, ranger, lire et écrire. Commencé un roman, je n’en ai pas le titre et à peine l’idée, cela prend forme de manière tranquille. J’en poste de petits bouts sur Insta, des fragments que je rédige à la volée sur le téléphone, comme je l’avais fait en partie pour mon précédent roman, celui qui sort en septembre chez Koikalit. Mais pas de Bodichiev pour cette fois-ci, un projet bien plus ambitieux je crois. Lectures de Murakami, de Simenon encore, de Zafón, de Pessoa, de Mac Orlan, d’Anatole France, d’Hervé Picart, de Germaine Beaumont, de Vita Sackville-West, de Michel Chaillou… Il pleut.
