#2796

Le fanal rouge marquant le début de la zone piéton vibre et tire un filet vermillon jusqu’au bout de la rue sur les pavés vernis de bruine, tandis que la flèche de l’église se gomme dans l’ouate brumeuse. Après ces jours caniculaires on savoure un air gris, tendrement humide, sous le sifflement des martinets. Cours de l’Yser passe en vélo un sosie de Bernie Saunders, suivi par un joli brun boudeur. Des livres ? Oui j’en ai trouvé, car triste serait un week-end sans trouvailles de papier.

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#2795

Visite inaugurale ce midi de la Meca, l’arche brutaliste géante qui, au bord de la Garonne à Bordeaux, accueille désormais les trois agences culturelles locales – Le livre et le cinéma, le spectacle, et l’art contemporain – sous un ciel déjà impitoyable. Les instances culturelles seront-elles hantées par les fantômes des abattoirs qui s’élevaient auparavant ici ?

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#2794

Qu’il est bruyant, le silence de la ville, même en cette province. Au loin, à la limite de l’audible, des enfants jouent, parfois me parvient un de leurs appels, plus aigüe. Selon le vent, une rumeur du boulevard ou un galop ferroviaire enflent brièvement. La trompe d’un train vient de jeter son cri en deux tons puis montent les carillons de l’église, en un balancement sonore, un va et vient de bronze. Au-dessus de moi se froissent les feuilles du figuier, rêches et hésitantes. Il y a un bourdonnement d’insecte. Presque plus d’oiseaux à cette heure, ce matin je notais les sifflements d’un martinet, les roucoulades d’un pigeon et les trilles d’un merle, ne restent pour le moment que quelques piaille-piaille de moineau, discrets, modestes. Après les cloches, le roulement d’un store, le souffle d’une auto, des bruits de voix indistincts, puis tout se tait et ne subsiste que la respiration urbaine, rien de proche, juste des allusions. Mais voici le merle revenu, qui pousse ses notes claires.

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#2792

« Ces mois-là s’inscrivent-ils en sombre dans ta mémoire, encore qu’ils comportent surtout des mois de printemps et d’été ? En est-il pour toi comme pour moi ? Il y a des lieux que je ne revois que sous des couleurs d’hiver, rues sombres, salies par la pluie, réverbères clignotants et traînées d’eau sur les vitrines ; d’autres, au contraire, qui me laissent le souvenir léger du lever du jour au printemps. Que dis-je ? Des années entières, des périodes de ma vie se réduisent à des traces noires et froides, tandis que certaines gardent la fraîcheur d’un pastel. » (Simenon, Le fils)

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