#2514

Je répond assez souvent à des questions d’étudiants, et ce matin j’avais une liste d’interrogations par un très jeune homme qui va peut-être, aussi, devenir l’un de nos auteurs un jour. J’ai répondu de manière un peu légère, il m’amuse de vous coller cela ici :

– Quel est votre parcours et qu’est-ce qui vous a poussé vers l’édition ?

J’ai fait l’IUT « Métiers du livre » de Bordeaux, ai commencé à faire quelques menus travaux d’édition (direction d’un recueil de nouvelles chez Denoël, comités de lecture de manuscrits chez Denoël, Fleuve Noir et Folio Junior), ai créé un fanzine, suis entré en librairie de BD tout en continuant à faire un peu d’édition. Lorsque j’en ai eu marre d’être libraire, constatant que je ne savais rien faire d’autre que vendre des livres et les fabriquer, je suis devenu… éditeur.

– En quoi consiste votre travail au sein des Moutons électriques ?

Le principal : prendre des décisions, tout le temps, à tous les niveaux. Plus concrètement, lire des textes, réfléchir à des livres, construire le programme de publication, coordonner nos sorties, préparer des documents pour le diffuseur, discuter avec le diffuseur, travailler avec les auteurs, gérer les mails quotidiens, faire des comptes, tenir le prévisionnel de trésorerie, me faire des cheveux blancs, discuter avec le graphiste, discuter avec le chef de fabrication, discuter avec l’équipe, discuter avec les associés du collectif « Indés de l’imaginaire », discuter avec le webmaster, alimenter le site web, déposer les documents chez les imprimeurs, préparer le courrier, trier les factures, effectuer les paiements, relire des épreuves, écrire des articles et des infos… et parfois, mettre en page un livre, mais cela, c’est plutôt du domaine de l’assistant éditorial.

– Quelle(s) facette(s) de votre métier préférez-vous ?

Disons que les côtés paiements / gestion / impôts (plein d’impôts, bien trop d’impôts) sont les plus pesants, les moins intéressants. Tout ce qui est lié plus directement aux livres eux-mêmes est passionnant, monter des projets, finaliser des textes, choisir des couvertures…

– Quels sont les traits, selon vous, d’un bon éditeur ?

Il faut avoir du « nez » !

#2513

Quitté Bruxelles. Cependant que défilent de fugitifs paysages brumeux, quels souvenirs de ce séjour? Des gouts : le thé noir du matin versé par Sara ; la fumée de la tisane de sarrasin grillé ; le miel du thé de Damien, à la frangipane ; la sombre douceur des « vieilles brunes » ; le crémeux du tandoori au vin rouge de Pierre ; l’épice parfumé du dîner éthiopien… Des images : un gratte-ciel comme dessiné par Chaland ; un théâtre entre pagode et église de pierre aux teintes alternées ; les moutons du petit parc d’Yser ; les voutes de brique et d’acier comme le cul d’un Nautilus ; les chaudes vibrations des Rik Wouters ; les reflets sur le canal ; la pénombre orangée des tunnels du métro comme une sombre cité souterraine avant la gare du Midi… Des sons : les ronronnements de Naïs ; les rires de Nathanaelle ; la grosse voix de Stefan ; le wouch-wouch de l’éventail de Juan-Lorenzo ; les lourds corbeaux matinaux… Et hélas les longues heures d’ennui à attendre l’hypothétique lecteur, les jambes raides, les pieds douloureux, les yeux qui piquent…

#2511

Une jolie variation sur le thème de l’aiguille et de la botte de foin : « we are combing the meadow for a mustard seed. » Et pour dire que vous allez avoir des ennuis : « the devil will have his horns on your pillow« … Le langage très imagé de Nero Wolfe dans les années trente est fascinant.