#2804

Ne rien faire : depuis le banc, regarder deux citrons voleter dans la lavande, oscillant d’une fleur à une autre comme des lamelles de lumière ivres de parfum ; voir les bambous gesticuler au-dessus du pignon de la maison ; contempler le balancement des gauras au sein du bouquet de pois de senteur ; apprécier le passage sur fond de bleu d’une hirondelle ou d’un pigeon, tandis que de gros nuages tordus défilent en frise blanche tout en bas du grand ciel.

#2803

La journée fut idéale, sur le vert de l’herbe, sous les arbres et l’éclat du ciel, avec les bulles du champagne, à rire et papoter avec les cousins et les cousines ; ç’aurait été beau si un copain ne m’avait annoncé alors qu’un vieux camarade venait de succomber à son cancer. Philippe Monot l’Aixois, dont j’avais récupéré l’un des romans dans la bibliothèque de Roland et qui m’en avait dédicacé un autre, l’été dernier. J’ai un peu pleuré dans les bras de ma cousine Sylvie, fait bonne figure le reste du temps je crois, partagé entre les sourires et le vague à l’âme, le cœur gros. That’s life.

#2801

Une grande clarté blanche éclabousse le ciel depuis le coin ouest, rafraîchissante après les rayons jaunes de la fin de journée, et un babil enfantin sonne là-bas, sous les sifflements des martinets et le souffle d’un petit vent frais, qui fait hocher la tête des plantes. Un avion étincelle brièvement, suivi du ruban pâle que laisse le trajet d’un autre. S’achève un dimanche d’été.

#2800

L’orage m’a réveillé cette nuit, vers 4h je crois, fort et grondant, puis des cataractes, ce ne fut pas très long mais bien que tiré de mon sommeil j’ai trouvé ça agréable, appréciant le vent frais et le grand souffle de l’eau. Et puis, chaque fois qu’il pleut je me dis que c’est bien pour le jardin. Pas que Bordeaux soit avare de pluie, en général, mais je constate que j’aime assez cela, même en dehors des canicules. J’ai donc continué à relire un Maigret et bien sûr il y pleuvait, de cette « pluie longue et froide qui met des hachures claires dans la nuit »… Simenon lui aussi devait aimer la pluie, c’est sûr. J’ai repris mes travaux romanesques et comme de juste il y pleut beaucoup, dans ce texte.